Le rôle clé du mouvement pour apprendre et progresser
Notre société devient bien trop sédentaire. Pourtant, mettre son corps en mouvement est essentiel pour préserver une bonne santé, mais aussi pour accompagner une croissance harmonieuse. Bienfaits cognitifs, académiques, émotionnels, découvrez comment l’engagement corporel profite aux enfants.
Bouger n’est pas forcément synonyme de courses effrénées, de parties de cache-cache endiablées, de parcours de motricité dignes d’un ninja. Mettre son corps en mouvement, activer ses muscles, mobiliser ses articulations, solliciter son cœur, passe par des activités très variées. Tout particulièrement pour les enfants en pleine croissance, il est impératif de respecter leurs aptitudes motrices, sans forcer. Les bénéfices du mouvement ne se cantonnent pas à la santé physique et mentale. Ils s’étendent bien au-delà, favorisant de nombreux apprentissages.

Les bienfaits du mouvement sur le développement cérébral
En évoquant les bienfaits du mouvement, on pense souvent, d’abord, au corps. Qu’en est-il du cerveau ? Une revue systématique1, publiée en 2025, conclut que les interventions basées sur l’activité physique apportent des effets positifs sur l’attention, sur la mémoire, la vitesse de traitement des informations et sur les fonctions exécutives. Ces dernières servent à coordonner de manière efficace différentes aptitudes cognitives, dans le but de mener une activité complexe, orientée vers un objectif précis. En d’autres termes, les prémices d’une bonne régulation des pensées, des émotions et des actions.
Les études listées dans cette revue systématique se concentrent sur des enfants de moins de 6 ans, attestant de l’importance de proposer des activités physiques dès le plus jeune âge. Elles soulignent tout de même une nuance importante : l’amélioration des aptitudes cognitives citées ci-dessus est principalement marquée dans le cadre d’activités motrices qui engagent un minimum de réflexion. Quelques exemples tout simples : une chasse au trésor, un jeu de construction grandeur nature, des histoires agrémentées de « missions actives », un parcours moteur avec de l’équilibre et divers chemins à explorer...

Un coup de pouce dans les apprentissages scolaires
Une autre revue systématique2 a déterminé que les activités engageant du mouvement sont associées à de meilleures performances cognitives et scolaires, cette fois-ci chez les enfants et les adolescents entre 6 et 18 ans.
Cette même étude, publiée en 2025, rapporte que le temps d’écran engendre des effets opposés. Sans surprise, puisque ce temps passé généralement assis ou allongé participe, à l’inverse, à entretenir la sédentarité.
>> Découvrez quelques conseil pour équilibrer le temps d'écran des enfants, sans culpabiliser.
Les enfants présentant des besoins éducatifs particuliers bénéficient tout autant, si ce n’est plus, de ces activités basées sur le mouvement. Selon les résultats d’une méta-analyse de 20223, les interventions incluant une activité physique améliorent les capacités cognitives et le langage (surtout pour les enfants présentant des difficultés d’apprentissage mineures), ainsi que les fonctions exécutives (surtout dans le cas de difficultés d’apprentissage majeures).
De manière générale, les recherches scientifiques s’accordent sur un fait : les apprentissages scolaires sont bien plus efficaces quand le corps est impliqué. Les enfants qui apprennent tout en bougeant - un concept malheureusement peu répandu - retiennent bien mieux les leçons que ceux qui restent assis4.

Bouger pour grandir en meilleure santé
Cette notion semble évidente. Et pourtant, elle est bien trop négligée. Pour bien la comprendre, il faut distinguer deux types d’activités :
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l’activité physique, d’intensité modérée à intense, à pratiquer plusieurs fois par semaine ;
- le mouvement quotidien, destiné à contrer la sédentarité et le fait que nous restons immobiles, souvent assis, de trop longues heures d'affilée.
Les deux sont complémentaires. Quelques séances d’activité physique hebdomadaires ne suffisent pas à compenser un mode de vie sédentaire le reste du temps. Le constat s’applique aux adultes comme aux enfants.
Le mouvement active, entre autres, les muscles et la circulation sanguine. Résultats : une amélioration du flux sanguin cérébral, la libération de facteurs neurotrophiques (dont le rôle est de favoriser la croissance des neurones en développement et d’entretenir les neurones matures), une meilleure plasticité cérébrale.
Sur le long terme, les enfants qui aiment bouger deviennent généralement des adultes actifs. La lutte contre la sédentarité débute dès l’âge des culottes courtes, pour inculquer des habitudes destinées à réduire, plus tard dans la vie, les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d’obésité, d’anxiété, de dépression et de certains cancers5.

Motivation, émotions et plaisir
Autre bénéfice, l’activité physique est liée à une amélioration significative du comportement émotionnel et social chez les enfants en âge préscolaire6. Les programmes d’activités incluant du mouvement permettent de réduire le stress, l’anxiété et la dépression, qui peuvent malheureusement aussi toucher les plus jeunes. Il semblerait toutefois que le sommeil reste un facteur protecteur bien plus puissant. Cependant, le niveau d’activité pendant la journée a un impact majeur sur la qualité du sommeil. Sans extrapoler, les deux peuvent tout à fait être corrélés.
Chez les enfants scolarisés, en primaire et au collège, l’activité physique se révèle également efficace pour favoriser la motivation et la régulation émotionnelle7. Elle affermit aussi les émotions positives telles que la joie et le plaisir8.

D’un point de vue physiologique, les activités impliquant la mise en mouvement du corps permettent de sécréter des hormones telles que l’endorphine, la dopamine, l’adrénaline ou la sérotonine, impliquées dans le bien-être physique et psychique.
Bien plus qu’une simple distraction, un moyen de se défouler après une journée statique, les activités physiques sont essentielles à bien des niveaux pour les enfants, en soutenant leur santé et de nombreux processus mentaux. Autant de raisons pour les inciter à poser leurs écrans, à se lever du canapé, à sortir et à se mobiliser. Bouger peut prendre mille formes, des plus sportives aux plus douces.
Dans un but de pérenniser ces habitudes, veillez à proposer des activités ludiques et engageantes, pour qu’elles se transforment en vrai moment de loisir. Ces réflexes s’incluront ainsi de manière plus naturelle dans le quotidien des enfants et les suivront, espérons-le, toute leur vie. Un dernier conseil primordial : pour qu’ils aiment bouger, il peut être intéressant de leur montrer l’exemple.
Sources :
- Pacheco C, Culkin V, Putkaradze A, Zeng N. Effects of movement behaviors on preschoolers' cognition: a systematic review of randomized controlled trials. Int J Behav Nutr Phys Act. 2025 Jan 23;22(1):12. doi: 10.1186/s12966-025-01705-y. PMID: 39849503; PMCID: PMC11755889
- Gonçalves JP, Ferreira G, Lopes L, Sousa-Sá E, Santos R. Associations Between Movement Behaviors, Cognition, and Academic Achievement in Children and Adolescents: A Systematic Review. J Phys Act Health. 2025 Jan 8;22(3):285-306. doi: 10.1123/jpah.2024-0014. PMID: 39778577
- Jylänki, P.; Mbay, T.; Byman, A.; Hakkarainen, A.; Sääkslahti, A.; Aunio, P. Cognitive and Academic Outcomes of Fundamental Motor Skill and Physical Activity Interventions Designed for Children with Special Educational Needs: A Systematic Review. Brain Sci. 2022, 12, 1001. https://doi.org/10.3390/brainsci12081001
- Mavilidi, M.F., Paas, F., Zou, L. et al. Effects of videos with whole-body movements on young children’s geography learning. npj Sci. Learn. 11, 18 (2026). https://doi.org/10.1038/s41539-026-00408-8
- Ministère de la Santé : Activité physique, sédentarité et santé - Mise à jour le 12/09/2025
- Wang, C. The role of physical activity promoting thinking skills and emotional behavior of preschool children. Psicol. Refl. Crít. 35, 24 (2022). https://doi.org/10.1186/s41155-022-00223-1
- Rojo-Ramos, J.; Franco-García, J.M.; Mayordomo-Pinilla, N.; Pazzi, F.; Galán-Arroyo, C. Physical Activity and Emotional Regulation in Physical Education in Children Aged 12–14 Years and Its Relation with Practice Motives. Healthcare 2023, 11, 1826. https://doi.org/10.3390/healthcare11131826
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Li, J.; Huang, Z.; Si, W.; Shao, T. The Effects of Physical Activity on Positive Emotions in Children and Adolescents: A Systematic Review and Meta-Analysis. Int. J. Environ. Res. Public Health 2022, 19, 14185. https://doi.org/10.3390/ijerph192114185